Philippe Blaise, lance un appel à l’unité en vue des provinciales.

Dans le prolongement du front loyaliste constitué pour le Comité des signataire, Philippe Blaise, des Républicains calédoniens, lance un appel à l’unité en vue des provinciales. Une liste commune avec Calédonie ensemble peut être envisagée dans le Nord et Photo Cyril Terrien « Les concessions unilatérales ne marchent pas. Si les gens demandent aujourd’hui une union, c’est pour que l’on soit fort, ils veulent de la fermeté, et non pas de la faiblesse vis-à-vis des indépendantistes » note Philippe Blaise.

Les Nouvelles calédoniennes : Vous évoquez « un triple échec du nationalisme calédonien ». Sur quels éléments vous appuyez-vous ? Il y a aujourd’hui un malaise dans la société calédonienne qui vient d’un triple échec de l’entente nationaliste, entente qui gère le pays depuis 2015. C’est un échec politique tout d’abord. Cette entente qui était censée trouver un compromis politique, préparer une solution de consensus, ne marche pas, puisqu’il y a une réaffirmation de la volonté de l’indépendance kanak.

Le nationalisme calédonien n’a fait que renforcer le nationalisme kanak, et a semé le doute dans le camp de la majorité qui a voté contre l’indépendan deuxième échec est moral, sociétal. La promesse de constituer un vrai vivre-ensemble au travers de l’éducation par exemple, ne fonctionne pas. Qu’est-ce qui vous amène à un tel point de vue ? On le voit avec les problèmes de sécurité, il y a un malaise dans la jeunesse. Je fais le constat au Congrès que, dans le discours indépendantiste, il y a une focalisation sur les questions ethniques. Je note une ra- dicalisation de la pensée communautaire dans la sphère publique, et ce n’est pas bon, parce qu’on s’éloigne du vrai destin commun. Enfin, le troisième échec est économique. La politique de dirigisme économique, la doctrine de mainmise du politique sur l’économie, font fuir les investisseurs.
Cette ligne crée un marasme économique, on le voit notamment avec la destruction d’emplois dans le privé, la crise des finances publiques et des comptes de la sécurité sociale, etc. Ce triple échec montre que si l’on remet au pouvoir les mêmes personnes pendant cinq ans, on va à la catastrophe. Quelle est votre stratégie ? Après le 12 mai [date des élections provinciales, NDLR], l’Etat commencera à engager des discussions sur l’avenir statutaire. Il discutera, du côté loyaliste, avec celui qui aura la légitimité électorale. Nous considérons aujourd’hui que Calédonie ensemble a perdu cette légitimité électorale. Et pour que le message soit clair, ici et en Métropole, nous ne pouvons pas nous diviser, nous disperser dans le camp des gens qui portent la voix loyaliste.
Il faut que l’on s’unisse pour être efficace, pour défendre la majorité qui veut rester loyaliste, pour remettre la Calédonie sur une voie de politique économique qui fonctionne… Il faut que chaque camp assume ses positions, se parle de façon claire. Il faut sortir de cette politique qui jette le flou. A qui lancez-vous un appel à l’unité ? Au Rassemblement, au MPC ? Au Rassemblement, au MPC, et à tous ceux qui se reconnaîtraient dans notre message politique.
Les indépendantistes veulent prendre la majorité au Congrès. Notre objectif prioritaire, c’est aussi d’empêcher cela. Là où nous sommes en capacité, les nonindépendantistes, d’aller chercher des sièges que nous avons perdus bêtement en 2014, dans le Nord donc et dans les Îles, il y a du sens en revanche à dialoguer pour essayer de faire des listes communes avec Calédonie ensemble. Il faut s’adapter aux attentes des gens, province par province. Des discussions sont-elles déjà engagées ? Oui, Sonia Backès (présidente des Républicains calédoniens, NDLR) a pris l’initiative, depuis un moment, d’avoir des échanges réguliers avec le Rassemblement et le MPC. Nous avons discuté avec nos adhérents, les gens comprennent qu’il faut faire des sacrifices pour défendre l’intérêt général. Sonia Backès est aujourd’hui la personnalité qui fédère, les anciens, les jeunes, les différentes sensibilités… D’ailleurs, Virginie Ruffenach (Rassemblement-Les Républicains, NDLR) et Gil Brial (MPC) l’ont reconnu. Ils ont déclaré qu’il fallait se réunir, et que la personnalité qui est actuellement le mieux à même de nous réunir est Sonia Backès. « Si l’on remet au pouvoir les mêmes personnes pendant cinq ans, on va à la catastrophe